Où il ne faut pas sous-estimer les jeunes érivaines contemporaines.
Camille de Peretti, c'est un nom qui ne me disait trop rien. Avant de la lire, je savais juste qu'elle est l'auteure remarquée d'un premier roman intitulé
"Thornitorinx" et c'est tout. Je suis tombée par hasard sur son deuxième livre dans un bouquiniste lors d'un séjour à Metz, "ville jardin" comme ils disent.
J'ai acheté, d'abord parce qu'il ne coûtait que sept euros et vingt centimes, ensuite parce que le titre m'attirait : "Nous
sommes cruels". Un titre, c'est 60 % des ventes d'un livre à mon avis.
Je n'étais pas vraiment sûre d'avoir fait une bonne acquisition. Camille a presque mon âge, elle est sans doute pistonnée et puis
son écriture ne doit rien avoir de particulier.
Finalement, l'acquisition s'est avérée une très bonne idée. La fille, pistonnée ou pas, écrit sublimement bien. Elle m'a emportée dans son livre que j'ai lu en une
journée, sans m'arrêter.
Elle nous raconte avec tact et délice l'histoire de deux jeunes étudiants, Camille et Julien, qui se prennent pour la Marquise de Merteuil et le Vicomte de
Valmont. Dans une correspondance épistolaire, ces deux-là s'amusent à manipuler leurs amis. Ils s'attribuent à chacun des "proies" et doivent se donner des "trophées" comme preuve de leur
attachement mutuel. Le lecteur, en l'occurrence ici moi-même, se retrouve à lire ces quelques 277 lettres, écrites par Camille, Julien mais aussi tous leurs amis et amants, et se laisse propulser
avec folie dans ses liaisons dangereuses des temps modernes.
On en ressort assouvi de fantasme romanesque pour quelques temps, et avec une envie folle de lire d'une traite le roman épistolaire de Laclos.
Je le ferai et vous en reparlerez ici, incessamment sous peu.
En attendant, n'hésitez pas une seconde à vous délecter du libertinage revu et visité par Mademoiselle de Peretti.